Les GP de REIMS et de l’ACF de Maurice TRINTIGNANT

LES GRANDS PRIX DE REIMS ET DE L’ACF DE MAURICE TRINTIGNANT : ses 20 participations aux célèbres meetings…

TRINTIGNANT est issu d’une famille de vignerons du GARD et il participe à sa première course en 1938 au GP de PAU sur la BUGATTI 51 de son frère LOUIS qui s’était tué à son volant en course en 1933 à PERONNE. Sa carrière fut exceptionnellement longue à l’instar de ETANCELIN ou CHIRON puisqu’elle s’achèvera en 1964, il côtoya ainsi les plus grands champions de CARACCIOLA à CLARK en passant par FANGIO

 Ce sympathique méridional avec son bonnet et son ourson fétiches, représenta les couleurs françaises au plus haut niveau dans les années 50 et intégra les écuries GORDINI, BUGATTI, ASTON MARTIN, FERRARI et courut sur COOPER, BRM, LOTUS, FORD

 A la sortie de la guerre, “Lettres adressées à TRINTIGNANT, prisonnier de guerre en Allemagne, par son épouse et un ami

pendant laquelle il fut prisonnier en Allemagne, une nouvelle vague de jeunes coureurs français s’affirme sur les voitures du « sorcier » AMEDEE GORDINI du boulevard VICTOR dont l’atelier était situé à l’emplacement actuel de l’hôtel MERCURE face au Parc des Expositions Porte de VERSAILLES où se déroule RETROMOBILE. “GP Allemagne 1950 de gauche à droite, TRINTIGNANT, GORDINI, MANZON, BAYOL, RENE BONNET, CHARLES DEUTSCH, et RENE AUMAITRE, l’équipe française des Petites Cylindrées GORDINI et DB est réunie”

 C’est de là que les jours de certains GP, mécaniciens et pilotes au volant des monoplaces prenaient la route sans autre formalité, pour se rendre rue du colonel FABIEN au garage Saint CHRISTOPHE des établissements BUFFARD, concessionnaire SIMCA à REIMS où se tenait leur QG. MANZON, SIMON, TRINTIGNANT en sont les pilotes les plus représentatifs, BEHRA qui court en moto ne tardera pas à les rejoindre.
 D’autres champions comme SOMMER, SCHELL, BAYOL, SCARON viendront prêter main forte à certaines occasions ainsi que WIMILLE qui courait avec une égale réussite tant en GP qu’en Petites Cylindrées. “en 1949 l’équipe SIMCA GORDINI avec au premier plan SOMMER en manteau, et on aperçoit au fond dans un stand RENE BONNET, serre-tête blanc”

“Dans GUEUX, WIMILLE leader de l’équipe SIMCA GORDINI est en tête jusqu’à son abandon lors de la course de reprise en 1947”

En partant du moteur de la SIMCA 8, GORDINI développa une petite monoplace agile qui animera souvent victorieusement les courses dans les différentes villes de l’Hexagone.
 De 1947 à 1950, l’équipe SIMCA GORDINI va participer à la Coupe des Petites Cylindrées à REIMS en ouverture du Grand PRIX avec ces jeunes espoirs et TRINTIGNANT en fera partie, sauf en 1948, car il n’est pas remis d’un grave accident au GP de BERNE qui lui valut plusieurs jours dans le coma et une splénectomie et c’est FANGIO qui le remplaça en débutant ici sa carrière européenne.

En 1947, GORDINI l’engage à REIMS un peu malgré lui car TRINTIGNANT ambitionnait de courir en F1 avant tout. “Le départ de la Coupe des Petites Cylindrées : les GORDINI de BIRA et SCARON se portent en tête devant l’AMILCAR de MESTIVIER et la LAGONDA de METCALFE juste devant la barquette à conduite centrale « MILLE MILLE » de TRINTIGNANT”

WIMILLE tombe en panne dans le dernier tour laissant la victoire au Prince du SIAM, BIRA, qui l’emporte devant SCARON et TRINTIGNANT qui courait sur la barquette sport « Mille Mille », les trois GORDINI devançant les CISITALIA de MANZON et SCHELL.
 Il est également inscrit au GP de Reims sur une Delage mais doit se retirer sur ennui mécanique peu avant la fin de course alors qu’il occupait la 3ème place.

 En 1949, son mentor WIMILLE qui lui avait donné le célèbre surnom de PETOULET (voir le livre TRINTIGNANT WIMILLE de M. LOUCHE) n’est plus là, il s’est tué en janvier en ARGENTINE sur sa GORDINI. En son hommage le challenge JEAN-PIERRE WIMILLE est attribué à la course des 2L.
 Les FERRARI de FANGIO et ASCARI de 2000cm3 12 cylindres à double arbre à cames en tête sont intouchables et ce dernier l’emporte après le retrait de l’argentin au 16° tour, TRINTIGNANT obtenant une remarquée 3ème place sur sa GORDINI 1500cm3. “Sur la ligne de départ la FERRARI n°8 de FANGIO et à ses côtés la GORDINI de SOMMER”

La CSI avait en 1948 porté la formule des petites cylindrées à 2000cm3 ce qui ne favorisait pas AMEDEE GORDINI qui avait obtenu à partir de moteurs SIMCA de 1100 et 1500cm3 dérivés de la série d’excellents résultats.

EN 1950, l’équipe GORDINI à la IV° COUPE DES PETITES CYLINDREES se mesure principalement aux puissantes FERRARI et à la MASERATI de GONZALEZ.
 Au départ TRINTIGNANT et SIMON sont plus prompts à s’élancer que les FERRARI qui reprennent rapidement le commandement suivies de GONZALEZ et des bleues, au 3ème tour TRINTIGNANT est contraint à l’abandon et ASCARI l’emporte. “Les FERRARI n°28 de ASCARI et n°26 de VILLORESI en première ligne vont se faire surprendre par les légères GORDINI n°8 de SIMON et n°2 de TRINTIGNANT au baisser de drapeau”

C’est au GP d’EUROPE comptant pour le Championnat du Monde que l’équipe GORDINI s’attaque en 1951.
 Les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions, GORDINI utilise un moteur 1500 avec compresseur sur un châssis dérivé lui aussi de la série imposé par PIGOZZI qui contrôle l’équipe SIMCA GORDINI et souhaite pour des raisons commerciales utiliser une base provenant de la production de série.
 Les ALFA ROMEO 159 étaient hors d’atteinte, seules les FERRARI 375 F1 de ASCARI et GONZALEZ étaient en mesure de leur contester la victoire. “ACF 1951 FANGIO sur ALFA ROMEO est le plus prompt à s’élancer devant la FERRARI de ASCARI, les GORDINI sont en fond de grille”

MANZON ne dépasse pas le 3ème tour (moteur), SIMON le 8ème, TRINTIGNANT s’arrête au 10ème tour sur bris de joint de culasse et ALDO GORDINI, le fils de AMEDEE, dernier rescapé de l’équipe s’arrêtera au 32ème tour. “ALDO GORDINI à la sortie du virage de la GARENNE va se faire doubler par l’ALFA ROMEO de FAGIOLI”

BEHRA renforce l’équipe GORDINI en 1952 qui, à présent libérée de la tutelle SIMCA mais bénéficiant encore de subsides généreux de la part de Mr PIGOZZI , a élaboré un moteur conçu pour la course, un 6 cylindres double arbre à cames sur le châssis T16.
 Il signera une victoire historique sur le nouveau tracé de 7.197m70, qui évite GUEUX, en devançant les invincibles FERRARI 500 , le championnat se courant sur des F2 de 2L faute de participants en F1.
 TRINTIGNANT moins heureux se retire piston crevé au 2° tour.

En 1953 le scénario de 52 n’est pas près de se reproduire, les voitures bleues sont en fond de grille. Le patron étant toujours en proie à des soucis financiers, les GORDINI ne peuvent donner la réplique aux FERRARI et MASERATI dans la course du siècle et TRINTIGNANT abandonne au 14° tour (transmission), BEHRA finit 5ème à 5 tours. “TRINTIGNANT se laisse glisser jusqu’au stand pour abandonner victime d’ennuis mécaniques”

Auparavant, il était engagé aux 12H de REIMS avec MIKE SPARKEN sur GORDINI en classe plus de 2L comportant les JAGUAR, CUNNINGHAM, TALBOT, FERRARI et HWM.
 Ils figurèrent toujours dans le groupe de tête, étant même pointés en 2ème position fin de 1ère heure, jusqu’à leur abandon à la 6ème heure.
 Les belles prestations de TRINTIGNANT ne sont pas passées inaperçues à MARANELLO et FERRARI lui propose un volant pour plusieurs courses en 1954 qu’il honorera par une retentissante victoire au MANS.

REIMS inaugure le retour de MERCEDES et notre gardois fait équipe dans la Scuderia avec GONZALEZ et HAWTHORN, en l’absence de FARINA accidenté à MONZA.
 Il se défendit courageusement à distance des dominatrices flèches d’argent en lutte avec BIRA, MANZON et BEHRA pour la 4° place mais entre ce dernier et TRINTIGNANT la rivalité était si intense qu’à THILLOIS, BEHRA heurta l’arrière de l’italienne et dut s’arrêter au stand pour vérifier radiateur et direction. “TRINTIGNANT en contre- braquage à la sortie de THILLOIS avec à ses trousses BIRA et BEHRA qui ne va pas tarder à le heurter dans ce même virage”

TRINTIGNANTlui, devra se retirer au 36ème tour. Cela valut à la fin de l’épreuve une sévère explication entre les frères ennemis ! On put remarquer la présence d’observateurs intéressés, Mr MARCO Directeur Général de BUGATTI et l’ingénieur moteur COLOMBO qui préparaient le retour de la marque de MOLSHEIM.

Si le GP de REIMS fut annulé en 1955 suite à la catastrophe du MANS, TRINTIGNANT réalisera le plus bel exploit de sa jeune carrière en étant le premier français à triompher en F1, au GP à MONACO, victoire qu’ ENZO FERRARI visionnaire lui avait prédit évaluant en connaisseur la régularité du pilote sachant ménager son bolide et les aléas du tourniquet monégasque.

 En 1956, REIMS voit l’apparition de la BUGATTI 251 aux mains d’un optimiste TRINTIGNANT qui a procédé à sa mise au point sur la piste militaire de ENTZHEIM. “Devant le stand BUGATTI, TRINTIGNANT devise avec Fernand CHAUSSAT, pilote DB - précision de Jean Claude CHAUSSAT son fils dans LVA du 5 Novembre 2009”

Il connaît l’usine de MOLSHEIM où il a rencontré JEAN et ROLAND BUGATTI (ce dernier prénommé ainsi par ETTORE en hommage à son ami ROLAND GARROS qui fut abattu en combat aérien à SAINT MOREL non loin de REIMS) lorsqu’il s’y était rendu pour faire remettre en état le moteur cassé de la BUGATTI 51 afin de participer à son premier GP à PAU. “La nouvelle BUGATTI 251 suscite beaucoup de curiosité, ici c’est CASTELLOTTI qui vient aux nouvelles”

“TRINTIGNANT entouré du chef mécanicien MAEZZA et de ROLAND BUGATTI. L’équipe BUGATTI a adopté pour la circonstance le bonnet à pompon porte bonheur cher à TRINTIGNANT”

VANWALL l’a libéré de son contrat dans lequel il s’était réservé le droit de piloter français.
 Un certain Colin CHAPMAN le remplacera de façon fracassante, au pied levé si on ose dire, en emboutissant au freinage de THILLOIS, lors des essais, la voiture soeur de HAWTHORN et mettant là un terme à sa carrière de pilote pour se consacrer à ses fameuses LOTUS. Son épouse HAZEL en visionnant la scène un peu plus tard déclara que son mari ne devrait jamais piloter des voitures autres que les siennes !

Hélas il apparaît vite que la belle monoplace bleue à moteur arrière n’est pas dans le coup, son châssis trop lourd est de conception dépassée et le moteur manque de puissance. “TRINTIGNANT sur la BUGATTI 251 devant MANZON, qui faisait équipe avec DA SILVA RAMOS sur la dernière évolution de la F1 GORDINI 8 cylindres Type 32. On remarque qu’elles possèdent toutes deux une ébauche de carénage des roues avant qu’on verra réapparaître sur les F1 des années 70. Faute de budget à la fin de l’année ces deux nouveautés françaises auront disparu”

On verra TRINTIGNANT rattraper les dérobades du train arrière à MUIZON, lutter en queue de peloton pour abandonner au 18ème tour sur problème de câble d’accélérateur.
 Dépité Mr MARCO voit les projets d’évolution avec moteur en magnésium et nouveau châssis s’évanouir faute de budget, le rêve de Roland BUGATTI prit fin et son geste généreux d’abandonner les 700 000 F de prime de départ à la fille de ANNIE BOUQUET devenue orpheline après la disparition tragique de sa mère dans l’épreuve des 12 H (son père s’était tué dans un accident de la route en début d’année) reflétait une prise de conscience réaliste de cette situation.

ENZO FERRARI lui confie en 1957 la nouvelle monoplace F2 qui préfigure la F1 de l’année suivante .Face aux modernes monoplaces anglaises à moteur arrière équipées du nouveau Coventry-Climax, plus légères et mieux profilées, TRINTIGNANT aux essais se plaint de manquer de puissance et ses temps sont en retrait de ceux des rapides COOPER. “Au virage de THILLOIS de la fumée provoquée par l’accident mortel de WHITEHOUSE émerge la COOPER de SALVADORI suivie de TRINTIGNANT et BRABHAM”

En fait dès le départ, il apparaît qu’il s’était réservé car il s’échappe sans difficulté en compagnie de SALVADORI et BRABHAM.
 Ce sera à toi à moi pendant cette passionnante course qui verra ce trio changer 13 fois de leader, le Français donnant l’impression de ne pas tirer sur la mécanique, usant de l’aspiration et reprenant l’avantage au freinage. “Après une course tactique brillante TRINTIGNANT s’impose sur la seule FERRARI engagée devant une meute de COOPER CLIMAX”

Il finira par l’emporter après les retraits de BRABHAM au 21ème tour puis de SALVADORI au 35ème tour. “Vôtre serviteur dans la COOPER de SALVADORI après la course « refait le match »”

Ce succès permettra d’offrir à FERRARI un grand chelem avec la victoire de FRERE-GENDEBIEN aux 12H et celle de MUSSO au GP.

En 1958 en Principauté, TRINTIGNANT remporte une 2ème victoire sur COOPER WALKER déjouant une nouvelle fois tous les pièges Monégasques. En juillet pendant les essais de F2 à REIMS sa COOPER s’enflamme à l’approche de MUIZON, il s’extrait de voiture en catastrophe mais n’est que légèrement brûlé au cou.
 Il partira néanmoins en 2ème ligne et alors qu’il remontait à la 6ème place, une pièce perfora une canalisation d’huile, conséquence vraisemblable de sa mésaventure de vendredi, et il dut abandonner. “TRINTIGNANT sur la COOPER F2 WALKER en lutte avec la COOPER de MARSH et la LOTUS de ALLISSON”

En F1, il retrouve dans l’écurie BRM son compatriote préféré le fougueux BEHRA. “TRINTIGNANT sur la belle BRM sort de THILLOIS”

WIMILLE et SOMMER, la décennie précédente, n’étaient pas non plus les meilleurs amis mais leur divergence était plus feutrée.

Aux essais du GP de l’ACF, il réalise un respectable 6ème temps ex aequo avec MOSS mais abandonnera au 24° tour par rupture de canalisation d’huile, les BRM se révélant extrêmement rapides (SCHELL est en première ligne) mais très fragiles.

En 1959, le méridional est inscrit sur COOPER au GP de l’ACF et à la course de F2.
 Si BROOKS caracole en tête en F1, c’est MAURICE qui mène la chasse en bonne compagnie puisqu’il est deuxième devant BRABHAM, PHIL HILL et MOSS. Mais au 20° tour, sous l’effet conjugué de la pression de ses poursuivants et de la chaleur accablante, il fait un tête à queue à THILLOIS et réussira en poussant seul sa monoplace au prix d’un violent effort à redémarrer, le règlement interdisant toute aide extérieure.
 MOSS connut la même mésaventure un peu plus tard mais à bout de force ne put repartir seul et fut disqualifié.
 TRINTIGNANT, qui avait rétrogradé à la 12ème place, ne tarda pas à s’arrêter à son stand, au bord de l’épuisement, pour se faire verser un seau d’eau dans le baquet.
 Il reprendra la course très attardé mais n’en battra pas moins quelques tours plus tard le record du tour qui reviendra finalement à MOSS sur sa belle BRM vert clair.
 Au 34ème tour, il arrêta sur ennui mécanique et poussa à nouveau sa voiture devant la ligne d’arrivée, en attendant le passage sous le drapeau du vainqueur BROOKS, pour franchir la ligne à son tour et être classé en 11ème position. “Au 34ème tour cette fois c’est l’arrêt sur panne mécanique et TRINTIGNANT se laisse glisser jusqu’à la ligne d’arrivée”

“TRINTIGNANT attend le passage du vainqueur pour franchir la ligne à la poussette et être classé”

Les membres de l’équipe WALKER furent stupéfaits de la pugnacité du pilote Français, qui après cette éprouvante compétition, enchaîna la course de F2 le visage meurtri par les projections de gravillons !
 Sa COOPER CLIMAX ne pourra se mêler à la lutte que se livrèrent MOSS et HERMANN sur la PORSCHE BEHRA bleue.
 C’est l’anglais qui l’emportera et TRINTIGNANT finira 4ème devant la PORSCHE de VON TRIPS. “Un passage de la COOPER CLIMAX n° 14 de TRINTIGNANT dans sa course de F2”

En 1960, il intègre l’équipe Centro-Sud de MIMMO DEI sur une COOPER MASERATI avec BURGESS et GREGORY, les voitures sont peu compétitives et occupent le fond de grille.
 Au départ, serré par un autre concurrent, il touche la BRM de GRAHAM HILL qui ne parvient pas à enclencher sa 1ère vitesse au moment de l’envol et les deux pilotes sont contraints à l’abandon tandis que BIANCHI en tentant d’éviter la COOPER de HALFORD en travers de la piste heurta les fascines.
 MAURICE n’eut pas le temps de réaliser les causes de ce soudain carambolage et fut réduit à assister à la course en compagnie des spectateurs à proximité de la passerelle DUNLOP.

1961 limite la cylindrée à 1500cm3 et TRINTIGNANT court sur la COOPER-MASERATI de la SERENISSIMA. “La monture ne permettant pas de jouer les premiers rôles, inutile de s’escrimer à aller chercher les derniers dixièmes autant se rafraîchir en bonne compagnie et avec ses amis journalistes Ami GUICHARD et Yves DEBRAINE sous le regard de Madame TRINTIGNANT”

Il ne peut prétendre jouer les premiers rôles avec cette voiture et termine attardé à 10 tours laissant BAGHETTI s’expliquer avec les PORSCHE de GURNEY et BONNIER qui ont le champ libre après le retrait des FERRARI usine victimes de la chaleur.
 En 1962, l’ACF se dispute à ROUEN et le GP de REIMS voit les grandes équipes présentes hormis FERRARI en difficulté avec ingénieurs et directeur sportif qui n’ont pas supporté l’ingérence de Madame LAURA FERRARI aux affaires.

TRINTIGNANT est engagé sur une LOTUS bleue nuit à parement blanc aux couleurs fétiches de ROB WALKER, l’héritier du whisky JOHNNY WALKER, pour lequel il vient de gagner à PAU le jour où MOSS eut son accident à GOODWOOD.
 Il se qualifie en 3ème ligne avec le 8ème temps et se situera en course en 6ème puis 5ème position terminant à un tour de MAC LAREN vainqueur sur COOPER.
 En 1963, le maire de VERGEZE participe au GP de l’ACF sur LOTUS team REG PARNELL mais ne sera pas aux avant postes, il doit observer un arrêt, car il se brûle le pied contre la pédale d’accélérateur, et terminera à 3 tours de CLARK.

“Sur la LOTUS 24 c’est la dernière apparition en F1 sur le circuit de GUEUX de TRINTIGNANT”

La course reine en 1964 est réservée à la F2 et TRINTIGNANT le doyen ne va pas se frotter à ces furieux de RINDT, CLARK, G. HILL, REES, SIFFERT et consorts en peloton serré.
 Il choisit de faire équipe pour les 12H avec SIMON un ancien de GORDINI sur la puissante MASERATI 5L qui se retirera à la 3° heure (alternateur). “André SIMON décontracté avant le départ des 12H de REIMS”

On verra TRINTIGNANT encore à REIMS lors du passage du tour AUTO en 1964 où sur une grosse COBRA DAYTONA il prendra la 2° place de l’épreuve. Il était un fidèle du tour AUTO et à plusieurs reprises sur FERRARI 250 GT il disputa les épreuves de vitesse à GUEUX.

Enfin il participa en compagnie de DAVID PIPER à une manifestation sur le circuit de REIMS en 1983 car il affectionnait volontiers de se replonger dans l’atmosphère des circuits qui lui rappelaient tant de souvenirs. “A l’occasion d’une manifestation commémorative sur le circuit on aperçoit Maurice TRINTIGNANT avec un chapeau bleu AGF attablé avec des amis”

LAURENT RIVIERE

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